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Le vertige du meilleur

Un slam sur la peur de briller
On passe notre temps à fuir le pire, Mais avouons-le : c'est le meilleur qui file le vrai vertige. L'échec, on le connaît, on y a nos habitudes, nos vestiges. C'est un goût amer, ouais, mais qu'est-ce qu'il rassure ! Dans nos têtes, y a ce vieux gardien qui murmure : « Reste à ta place, bouge pas, le regard des autres est une brûlure. » L'angoisse fait un boucan d'enfer, elle crie, elle claque, À force d'esquiver les coups, on a oublié comment on attaque. Et elle est là, l'ironie qui nous assomme. Pourquoi claque-t-on des dents quand le destin nous donne la donne ? S'imaginer au sommet, libre, grand... ça tétanise. Parce que le bonheur, c'est un costume qui se maîtrise. Réussir, c'est accepter de muer, de craquer les coutures, Lâcher la peau du rêveur pour affronter la vraie nature. C'est un continent vierge, sans balise ni sentinelle, Et l'inconnu, même pavé d'or, garde un goût de séquelle. Puis y a cette trouille de la chute, tapie dans l'ombre. Espérer, c'est baisser sa garde, c'est sortir des décombres. Si on s'agrippe au soleil et qu'il nous brûle les doigts, La dégringolade sera brutale, la nuit n'aura plus de lois. Alors, par simple instinct de survie, on revoit la copie à la baisse. On se dit qu'on n'est pas fait pour l'or, histoire de s'éviter la détresse. On choisit l'ombre, le tiède, le mur. On parie sur le pire pour s'épargner le pur. Et on reste plantés là. En plein milieu du carrefour. Tiraillés entre la peur de rater et la panique de voir le jour. On s'enroule dans nos routines, on s'étouffe dans nos repaires, Terrorisés de se brûler… ou pire, d'éblouir l'univers. C'est le grand paradoxe qui coule dans nos veines : On crève d'envie de s'envoler, de briser nos chaînes... Mais on s'attache les ailes nous-mêmes, comme des criminels, Juste pour s'éviter une conversation gênante avec le ciel. Le vrai cran, au final, C'est pas d'attendre sagement que la peur fasse ses valises. C'est de risquer le beau. De lâcher prise. Plutôt que de s'enterrer vivant... dans la certitude de la crise.