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Le syndrome du spectateur

Réflexion sur le fait de vivre sa vie

Avez-vous déjà eu cette étrange impression d'être assis dans une salle obscure, à regarder votre propre vie défiler sur un grand écran ? Vous voyez le personnage principal se lever, aller travailler, sourire, rentrer chez lui. Mais vous sentez une vitre épaisse entre vous et l'action. Vous n'êtes plus l'acteur, vous êtes devenu le public.

C'est l'un des symptômes les plus glaçants de la nausée existentielle : le syndrome du spectateur. À force de se plier aux attentes des autres, d'accomplir des tâches mécaniques et de scroller pendant des heures pour regarder des inconnus vivre des aventures, on finit par déserter notre propre corps.

On s'installe confortablement dans la passivité. On regarde les saisons passer en attendant un rebondissement qui ne viendra pas tout seul. Mais la vraie vie ne tolère pas les figurants très longtemps.

Si vous ressentez cette anesthésie, il est grand temps de briser la vitre. Levez-vous du siège de la salle obscure. Reprenez le stylo, écrivez votre propre scénario, et remontez sur scène. Même si vous bafouillez votre texte, il vaudra toujours mieux jouer mal que de ne pas jouer du tout.

Ben_bash_bir