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Si la vie était un plat de riz, est-ce que tu reprendrais une deuxième assiette ?

Franchement, regardons-nous dans les yeux. On est tous arrivés ici comme des gens qui s'incrustent dans un mariage sans avoir reçu de carton d'invitation. Un matin, tes yeux s'ouvrent, et paf : tu es là. Tu dois manger, tu dois te battre, tu dois chercher l'argent, et surtout, tu dois supporter les palabres de ce monde.

Mais imagine un peu si, à la fin de la journée, le "Grand Patron" t'appelait dans son bureau pour te proposer un deal bizarre.

C’est la question qui donne le tournis. Imagine que tu as déjà tout vu. Tu connais le goût du premier amour qui te fait planer, mais tu connais aussi la douleur de la trahison qui te déchire le ventre. Tu sais ce que c'est que de rire jusqu'aux larmes avec les amis, mais tu n'as pas oublié les nuits où tu as pleuré tout seul, sans que personne ne vienne te demander si ça va.

Et là, on te dit : « Mon ami, on efface tout. Tu repars à zéro. Tu reprends exactement le même chemin, avec les mêmes trous dans la route et les mêmes cailloux dans tes chaussures. Est-ce que tu signes ? »

C’est là que le doute s'installe, non ? On se dit : « Est-ce que je suis vraiment prêt à revivre cette humiliation au travail ? À supporter encore ce voisin qui fait trop de bruit ? » On hésite. Parce qu'on sait que la vie, ce n'est pas un long fleuve tranquille comme dans les films. C'est un combat de tous les jours, un mélange de sel et de miel.

Mais écoute bien : si on t'enlevait tes cicatrices, tu serais qui ? Rien du tout. Une page blanche, toute lisse et sans intérêt. Ce qui fait que tu es "quelqu'un" aujourd'hui, c'est justement parce que tu as survécu à la pluie.

Parfois, on fait des choix bêtes. On donne son cœur à qui ne le mérite pas, on perd son temps à courir derrière des choses inutiles. On se trompe de route. Mais au fond, est-ce que ce ne sont pas ces erreurs-là qui nous apprennent à marcher droit ? Si tout était parfait, on s'ennuierait à mourir. On serait comme des robots bien huilés, sans âme et sans histoires à raconter le soir sous l'arbre.

Le secret, c'est peut-être de se dire que chaque matin est déjà cette "deuxième chance". Et si, au lieu d'attendre une proposition magique pour recommencer, on décidait d'aimer ce plat de riz, même s'il y a un peu de sable dedans ? On ne nous a pas invités au début, d'accord. Mais maintenant qu'on est assis à la table, autant savourer chaque bouchée, non ?

Au bout du compte, on ne revient pas pour devenir riche ou célèbre. On revient pour le petit frisson qu'on ressent quand le soleil se lève, pour l'odeur de la terre après la pluie, ou pour ce moment où on se sent enfin à sa place.

Alors, mon frère, ma sœur, pose-toi la question : si on te tendait le stylo là, tout de suite, est-ce que tu aurais le courage de signer pour un autre tour, avec toutes les galères que tu connais déjà ?

S'il y avait une seule personne ou un seul petit plaisir qui te ferait dire "oui" sans réfléchir, ce serait quoi ?
BEN BASH BIR