Si l'on y réfléchit bien, la souffrance vient presque toujours d'une seule et même erreur : nous refusons d'habiter là où nous sommes. Notre esprit est un voyageur fatigué qui passe son temps à faire des allers-retours entre deux pays fantômes.
D'un côté, il y a le passé. On y rumine nos erreurs, on y pleure nos pertes, on rejoue des conversations en essayant de changer la fin. Mais le passé est une porte fermée à clé. De l'autre côté, il y a le futur. On s'y invente des scénarios catastrophes, on angoisse pour des problèmes qui n'arriveront peut-être jamais. Mais le futur est une terre qui n'existe pas encore.
Le seul espace où vous avez un véritable pouvoir, la seule seconde qui vous appartient vraiment, c'est celle que vous êtes en train de vivre. Là, tout de suite. La chaleur de l'air sur votre peau, le poids de votre corps sur votre chaise, la respiration dans votre poitrine.
Ramenez votre attention ici. C'est dans ce tout petit espace du présent que se trouvent la paix et la joie. Le reste n'est que du bruit.