Ouvrez le répertoire de votre téléphone ou la liste de vos contacts sur les réseaux sociaux. Vous y verrez des dizaines, peut-être des centaines de noms. Des anciens camarades de classe, des collègues d'il y a cinq ans, des connaissances d'un soir. On s'envoie un emoji pour un anniversaire, on "like" une photo de vacances, et l'on se donne l'illusion de maintenir le lien.
Mais retirez tout l'artifice numérique. Parmi tous ces visages, combien pourriez-vous appeler à deux heures du matin si le monde s'écroulait autour de vous ?
La nausée vient souvent de ce constat glaçant : nous sommes passés maîtres dans l'art d'entretenir des fantômes. Nous gardons des spectateurs muets dans la salle d'attente de notre vie, simplement par peur de couper les ponts. On s'encombre d'interactions sans aucune substance pour masquer notre immense solitude.
Il faut parfois avoir le courage de laisser mourir ce qui ne vit plus. Une liste de contacts vide mais authentique vaudra toujours mieux qu'une foule d'ombres familières qui ne nous regardent plus vraiment.
Ben_bash_bir