Retour au Journal

La prison dorée du perfectionnisme

Le perfectionnisme a toujours eu très bonne presse. En entretien d'embauche, on le présente souvent comme notre "plus grand défaut", avec un petit sourire modeste. Mais soyons francs un instant : le perfectionnisme n'est pas une quête noble vers l'excellence. C'est la peur du jugement, habillée dans un très beau costume.

Combien de projets magnifiques avez-vous étouffés dans l'œuf parce qu'ils n'étaient pas encore "tout à fait prêts" ? Combien de textes, de dessins, ou d'idées d'entreprise dorment au fond d'un tiroir parce qu'il manque toujours un détail pour que ce soit irréprochable ?

Attendre que les conditions soient parfaites pour oser se lancer, c'est comme attendre que tous les feux tricolores de la ville soient au vert avant de démarrer sa voiture : on ne quitte jamais son garage.

La vie, la vraie, est faite de ratures, d'hésitations, de choses un peu bancales qui se redressent en marchant. Au Japon, il existe un art appelé Kintsugi, qui consiste à réparer les poteries brisées avec de l'or. La fêlure n'est pas cachée, elle est mise en lumière. La cicatrice rend l'objet unique et bien plus précieux qu'un bol sorti de l'usine.

Il est temps de faire la paix avec nos brouillons. Autorisez-vous à être moyen au début. Laissez le droit à vos idées d'exister même si elles sont imparfaites. Mieux vaut une œuvre inachevée qui respire au grand air, qu'un chef-d'œuvre parfait qui pourrit dans l'obscurité de votre esprit.

↑ Retour en haut