Regardez autour de vous. Dès que nous avons trois minutes d'attente à la boulangerie ou dans un couloir, la main plonge dans la poche pour attraper le téléphone. C'est presque un réflexe de survie. Nous avons développé une véritable terreur de l'ennui, une peur panique du vide.
Nous chargeons nos agendas de rendez-vous, de projets, d'obligations sociales. Nous mettons de la musique en fond sonore pour ne pas entendre le silence. Mais que fuyons-nous exactement avec cette agitation perpétuelle ?
La vérité, c'est que le vide est le seul espace où l'on peut s'entendre penser. C'est dans le silence que remontent les questions importantes, celles qu'on étouffe soigneusement sous le bruit du quotidien. Est-ce que je suis à la bonne place ? Est-ce que je vis pour moi ou pour les autres ?
L'ennui n'est pas une perte de temps, c'est la respiration de l'âme. Réapprenons à ne rien faire. Asseyez-vous sur une chaise, regardez par la fenêtre, et laissez le silence s'installer. C'est souvent là, dans l'immobilité la plus totale, que l'esprit retrouve sa boussole.
Ben_bash_bir