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L'optimisation du vide

Réflexion sur la productivité toxique

La maladie de notre époque ne se résume pas à notre charge de travail. Elle se cache insidieusement dans notre manière de nous reposer. Nous sommes devenus incapables de ne rien faire. Même le vide doit être optimisé, rentabilisé, transformé en performance.

Si l'on court, il faut une application pour mesurer nos foulées. Si l'on dort, une montre calcule la qualité de notre sommeil paradoxal. Si l'on s'assoit pour méditer, c'est avec un objectif de productivité : "se vider l'esprit pour être plus efficace demain". Nos loisirs sont devenus des corvées déguisées, et nos passions des outils de développement personnel.

C'est ici que la nausée frappe. Ce vertige de réaliser que nous nous auto-exploitons en permanence, comme si nous étions à la fois le patron tyrannique et l'employé épuisé de notre propre existence.

Retrouvez le goût du gaspillage. Flânez dans une rue sans but précis. Lisez un livre qui ne vous "apprendra" rien d'utile. Regardez le plafond sans chercher l'illumination. Laissez le temps vous glisser entre les doigts, comme du sable. C'est dans ce vide absolu, non mesurable et non rentable, que l'on redevient humain.

Ben_bash_bir