L'être humain a une peur bleue de sa propre disparition. Pour tenter de vaincre la mort, nous avons développé une obsession : laisser une trace. On veut écrire un livre, bâtir une entreprise, avoir des enfants, graver notre nom sur la pierre. On photographie nos assiettes et nos visages pour archiver des preuves de notre passage.
La nausée survient quand on prend un peu de hauteur. Même les pyramides finiront en poussière. Dans quelques générations, personne ne saura prononcer notre prénom ni se souvenir du son de notre voix. Tout ce que nous essayons frénétiquement de figer sera balayé par le vent du temps.
C'est une pensée foudroyante, mais profondément apaisante. Pourquoi courir après l'éternité alors que nous sommes faits pour l'éphémère ?
Vivre pleinement, c'est peut-être accepter de dessiner un mandala dans le sable, en sachant que la prochaine marée l'effacera. Faites les choses pour la beauté du geste, pour la joie brûlante de l'instant, et non pour qu'on s'en souvienne. Ne cherchez pas à être immortel, contentez-vous d'être intensément vivant aujourd'hui.
Ben_bash_bir