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Le masque qui colle à la peau

Réflexion sur l'authenticité

Pour survivre en société, nous devenons tous de merveilleux acteurs. Nous enfilons le costume du collègue dynamique à huit heures, celui de l'enfant dévoué à midi, et celui de l'ami toujours joyeux le soir. Ces masques sont utiles, ils protègent notre vulnérabilité des courants d'air extérieurs.

Mais il arrive un soir, souvent tard devant le miroir de la salle de bain, où le vertige nous saisit. On tente de retirer le masque, et on s'aperçoit avec effroi qu'il a fusionné avec notre peau. À force de faire semblant d'être quelqu'un d'autre pour ne décevoir personne, on a oublié qui l'on était avant le début de la pièce.

L'aliénation moderne est là : réussir brillamment la vie d'un personnage de fiction qui porte notre nom. La vraie nausée, c'est d'être entouré de gens qui aiment une version de nous qui n'existe pas.

Ayez le courage de décevoir votre public. Laissez tomber le texte. Balbutiez, montrez vos failles, vos agacements, votre part d'ombre. C'est le seul moyen de savoir si les gens qui vous entourent aiment le costume, ou s'ils aiment vraiment celui qui le porte.

Ben_bash_bir