Le drame de la vie humaine, c'est que nous la passons à attendre que le rideau s'ouvre. On attend le vendredi soir avec impatience. On attend les grandes vacances pour souffler. On attend le partenaire idéal, le coup d'éclat professionnel, ce grand moment de bascule qui fera enfin "commencer" la vraie vie.
Et pendant qu'on regarde l'horizon avec des jumelles, on écrase l'herbe fraîche qui se trouve juste sous nos pieds.
Le bonheur n'est presque jamais foudroyant. C'est un artisanat silencieux qui se cache dans la banalité absolue. C'est le bruit des clés dans la serrure quand quelqu'un qu'on aime rentre à la maison. C'est le premier rayon de soleil vif sur un mur blanc un mardi matin. C'est la satisfaction tranquille d'un travail achevé dans l'anonymat d'un bureau.
Nous devrions traiter ces jours sans importance avec plus de respect. Ce sont eux, mis bout à bout, qui construisent l'architecture même de notre existence. Ne méprisez plus votre routine : elle est la toile de fond indispensable sur laquelle s'écrit discrètement votre histoire.
Ben_bash_bir