Il y a une naïveté touchante dans la façon dont nous abordons le temps. À la veille d'un anniversaire, on se prend souvent à rêver que le passage à minuit agira comme un coup de gomme magique. On se dit secrètement : « À mon nouvel âge, je serai plus sage, je ferai les choses différemment, je laisserai mes angoisses derrière moi. »
C'est l'illusion des chapitres. Pour supporter la nausée d'un temps qui coule en continu, sans jamais faire de pause, l'être humain a eu besoin d'inventer des cloisons : les années, les mois, les âges. Mais l'univers, lui, se moque bien de nos calendriers.
Quand les douze coups de minuit retentissent, le ciel ne change pas de couleur. Vos doutes ne se sont pas volatilisés. Vous êtes exactement la même personne qu'une seconde auparavant. Cette réalisation peut donner le vertige, mais elle est surtout profondément libératrice.
N'attendez pas qu'un chiffre sur un gâteau ou qu'une nouvelle année vienne vous métamorphoser. Le temps n'est qu'un cadre vide. C'est à vous, et à vous seul, de décider quand fermer un chapitre et quand commencer à écrire le suivant.
Ben_bash_bir