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Les fantômes dans la machine

Réflexion sur la déconnexion physique

La majeure partie de nos nausées existentielles vient d'une illusion tenace : celle de croire que nous ne sommes qu'un cerveau. On passe nos journées entières enfermés dans notre boîte crânienne. On ressasse le passé, on anticipe le futur, on gère des concepts abstraits sur des écrans lumineux. Notre corps n'est plus devenu qu'un simple véhicule chargé de transporter notre tête d'une chaise à une autre.

C'est ce qui crée cet insupportable vertige d'irréalité. À force de vivre dans le virtuel et le mental, on se détache du sol. On devient des fantômes qui hantent leur propre vie, incapables de ressentir le monde physique.

L'antidote à l'angoisse n'est presque jamais dans la tête ; il est dans la matière. On ne guérit pas d'une crise existentielle en pensant plus fort. On en guérit en redescendant dans la machine.

Quand le vide se fait trop bruyant, arrêtez de réfléchir. Lavez-vous le visage à l'eau froide. Marchez pieds nus. Respirez l'air frais. Portez quelque chose de lourd. Rappelez à votre esprit paniqué qu'il habite un corps, et que ce corps, lui, est solidement ancré dans le présent.

Ben_bash_bir