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L'exil intérieur

Réflexion sur le sentiment d'appartenance

Il y a des jours où l'on se retrouve au milieu d'une pièce pleine à craquer, entouré de voix familières, de rires et de musique, et où pourtant, un froid inexplicable s'installe. On regarde la scène comme si on l'observait derrière une vitre épaisse. Même ici, on a l'impression de ne pas être d'ici.

C'est ce que j'appelle l'exil intérieur. Ce n'est pas de la tristesse, ni même de la misanthropie. C'est simplement la réalisation poignante que notre âme ne se sent chez elle dans aucun code postal précis, ni dans aucune case préétablie par la société. On devient un passager de passage dans son propre quotidien.

La société nous pousse sans cesse à nous ancrer : acheter une maison, trouver sa place, s'enraciner. Mais pour certains esprits libres, la véritable maison n'est pas un lieu géographique. Elle se trouve dans une conversation profonde à deux heures du matin, dans les pages d'un livre qui nous comprend mieux que nos proches, ou dans un silence partagé face à l'océan.

Ne vous excusez jamais de vous sentir en décalage. Ce vertige de n'appartenir à aucun groupe est souvent le prix à payer pour avoir la chance de n'appartenir qu'à soi-même.

Ben_bash_bir