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Et si on arrêtait tout, juste pour voir ?

On est tous pareils. On se lève le matin avec une liste de choses à faire longue comme le bras, et on court toute la journée pour essayer de tout cocher. On fait les choses parce qu’on nous a dit qu’il fallait les faire, ou parce que tout le monde fait comme ça. C’est un peu comme si on suivait un GPS sans jamais regarder la route, juste parce qu'une voix nous dit de tourner à droite.

Et si demain, on décidait de ne pas sortir du lit au premier coup de réveil ? Peut-être qu'on réaliserait que le soleil se lève très bien tout seul, même sans notre aide.

Et si on arrêtait de vouloir être "utile" ou "productif" chaque minute de notre vie ? Peut-être qu'on découvrirait que notre valeur ne dépend pas de ce qu'on produit, mais juste du fait qu'on est là, bien vivant.

C'est fou quand on y pense : on remplit nos journées de bruit pour ne pas entendre le silence. On a peur du vide comme si c'était un trou noir, alors que c'est peut-être juste une place libre pour une nouvelle idée ou une envie qui nous ressemble vraiment.

Et si on cessait de sourire poliment quand on a envie de hurler ou de rester tranquille ? Peut-être que les autres nous aimeraient davantage pour notre vérité que pour notre masque.

Et si toutes nos obligations n'étaient en fait que des histoires qu'on se raconte pour ne pas se sentir perdu ? Peut-être qu'en lâchant tout, on se sentirait enfin léger, comme si on enlevait un sac à dos rempli de cailloux qu'on traîne depuis des années.

On agit souvent par automatisme, comme des petits jouets à qui on a remonté la clé. Et si on laissait la clé s'arrêter de tourner ? Peut-être que dans cette immobilité, on verrait enfin le monde tel qu'il est, et non plus tel qu'on nous force à le voir.

Au fond, s'arrêter, ce n'est pas abandonner. C’est peut-être simplement se donner une chance de recommencer, mais cette fois, avec nos propres règles.

Et si le vrai risque, ce n'était pas de ne plus rien faire, mais de continuer à faire n'importe quoi juste par habitude ? Peut-être qu'il est temps de se demander si on court pour atteindre un but ou si on court juste parce qu'on a peur de s'arrêter.

BEN BASH BIR