Il y a une fatigue dont on parle peu. Ce n'est pas celle des longues journées de travail, ni celle du manque de sommeil. C'est une lassitude beaucoup plus profonde : l'épuisement de la façade.
Nous vivons dans une vitrine géante. Chaque jour, il faut afficher la bonne humeur, la réussite, la maîtrise parfaite de sa vie. On cache nos doutes sous un filtre de confiance en soi. On lisse nos aspérités pour ne froisser personne. Mais le maintien de cette illusion pompe une énergie colossale.
Faire semblant d'être invulnérable est le travail le plus éreintant au monde. C'est comme retenir sa respiration toute la journée et s'étonner d'avoir mal à la poitrine le soir venu.
Et si le vrai repos commençait par l'acceptation de nos propres failles ? Autorisons-nous à ne pas savoir, à être maladroits, à avoir des journées sans éclat. Il y a une beauté brute dans la vulnérabilité que le paraître ne pourra jamais égaler. Tomber le masque ne vous rend pas faible, cela vous rend simplement humain.
Ben_bash_bir