Ouvrez n'importe quel réseau social, allumez la télévision, ou tendez l'oreille à la machine à café : tout le monde a un avis sur tout. Et surtout, tout le monde exige que vous en ayez un. Que ce soit sur le dernier scandale politique, la crise économique à l'autre bout du monde, ou le choix de vie du voisin.
Il y a cette pression invisible et constante qui nous somme de prendre parti immédiatement. Comme si le fait de réfléchir, de douter, ou d'admettre notre ignorance était devenu un crime de lèse-majesté. On distribue des opinions comme on jetterait des bouteilles à la mer, souvent sans avoir pris le temps d'étudier le sujet.
Et si le plus grand acte de sagesse aujourd'hui était d'oser dire : « Je ne sais pas » ?
S'accorder le droit de ne pas avoir d'avis, ce n'est pas de la lâcheté. C'est une immense liberté. C'est refuser de participer au grand tribunal de l'immédiateté. C'est protéger son espace mental en acceptant que certaines choses nous dépassent, et que le silence est souvent plus constructif qu'une parole jetée à la va-vite.
La prochaine fois que l'on vous sommera de choisir un camp sur un sujet que vous ne maîtrisez pas, essayez cette phrase magique : « Je n'ai pas assez d'éléments pour me prononcer ». Vous verrez, l'allègement est immédiat.
Ben_bash_bir