On dit souvent que le temps guérit les blessures. Pourtant, notre mémoire nous joue des tours.
Avez-vous remarqué ? Quand on se souvient d'un moment très heureux, on ne ressent plus la joie de l'instant. On ressent surtout que ce moment est fini. C'est un peu comme regarder une vieille photo : on sourit, mais on a un petit pincement au cœur. Le souvenir du bonheur, ce n'est plus du bonheur, c'est de la nostalgie. C’est le regret d'un temps qui ne reviendra plus.
Mais pour la douleur, c’est tout le contraire. Quand on repense à une trahison, à un deuil ou à une grande tristesse, le mal revient tout de suite. Le cœur se serre, les larmes remontent. Le souvenir de la douleur, c'est encore de la douleur. Elle ne vieillit pas, elle reste là, bien vivante en nous.
Regardez le monde autour de nous aujourd'hui.
On nous montre partout des images de vies parfaites, des gens qui sourient tout le temps sur leurs téléphones. C’est un bonheur de façade, un bonheur qui s’oublie vite. Mais derrière ces images, il y a la vraie vie. Il y a des gens qui souffrent en silence, des familles séparées, des personnes qui se sentent seules même au milieu de la foule. Pour eux, la souffrance n'est pas un souvenir, c'est leur quotidien.
Nous sommes devenus très doués pour cacher nos peines sous des filtres colorés. Mais le soir, quand le bruit s'arrête, nos blessures se réveillent. Elles nous rappellent que nous sommes humains, avec nos fragilités.