On nous apprend très tôt à serrer les dents. Sois fort. Ne pleure pas. Avance. La vie moderne ressemble à une course d'obstacles où le moindre aveu de faiblesse est perçu comme une défaite. Alors, on enfile notre plus belle armure chaque matin avant de franchir la porte.
On sourit quand le cœur est lourd. On répond « Ça va super, et toi ? » par automatisme, même quand l'âme réclame du repos. On porte le poids de nos responsabilités, de nos familles, de notre métier, avec l'élégance de ceux qui n'ont pas le droit de flancher.
Mais sous le métal de l'armure, on étouffe.
Il faut une audace folle aujourd'hui pour oser dire « Je n'en peux plus ». S'accorder le droit d'être fatigué n'est pas un abandon, c'est un acte de profonde lucidité. C'est accepter que nous ne sommes pas des machines programmées pour la performance, mais de simples êtres de chair, d'émotions et de doutes.
Prenez le droit de vous asseoir sur le bas-côté. Laissez les autres courir s'ils le souhaitent. Respirez. Baissez les armes, ne serait-ce qu'une journée. Le monde continuera de tourner, et vous, vous aurez enfin le temps de panser vos écorchures.
Ben_bash_bir