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L'angoisse de la page pleine

Réflexion sur la réussite et le vide

On nous met souvent en garde contre la peur du vide, l'angoisse de la page blanche ou la terreur de l'échec. Ce qu'on oublie de nous dire, c'est qu'il existe un vertige bien plus insidieux et beaucoup plus silencieux : l'angoisse de la page pleine.

C'est ce moment glaçant où l'on regarde sa propre vie et où l'on s'aperçoit que l'on a parfaitement réussi le jeu des autres. Le diplôme est encadré, le loyer est payé, la routine est huilée. Aux yeux du monde, l'édifice est solide. Pourtant, à l'intérieur, les fondations sonnent creux.

La nausée s'installe quand on réalise qu'avoir tout ce qu'il faut ne garantit en rien de ressentir quoi que ce soit. On a passé des années à remplir la toile avec les couleurs que la société nous a tendues, pour finalement se rendre compte que le tableau ne nous ressemble pas.

Ne vous excusez jamais de ressentir de l'insatisfaction au milieu du confort. Si la page est pleine mais qu'elle ne raconte pas votre histoire, vous avez le droit le plus strict de la froisser, de la jeter, et de recommencer à écrire.

Ben_bash_bir