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L'anesthésie collective

Réflexion sur la distraction

Blaise Pascal, un philosophe du 17ème siècle, écrivait une chose terrible : « Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne pas savoir demeurer en repos, dans une chambre. » Plus de trois siècles plus tard, cette phrase n'a jamais été aussi violente de vérité.

Regardez comment nous vivons. Dès qu'un moment de flottement apparaît, dès que le silence menace de s'installer, nous dégainons nos téléphones. Nous faisons défiler des vidéos absurdes, nous allumons la télévision en bruit de fond, nous consommons des drames et des futilités à un rythme industriel. C'est une fuite en avant colossale.

De quoi avons-nous si peur ? De la nausée, justement. Nous savons que si nous éteignons tous les écrans et que nous restons assis dans le silence, la réalité va nous rattraper. Les grandes questions vont frapper à la porte : le sens de tout ça, la fuite du temps, l'absurdité de nos petits tracas.

Le divertissement perpétuel est une anesthésie collective. Ayez le courage de couper le son. Laissez le vide vous envahir quelques minutes par jour. La nausée passera, et c'est dans ce grand silence que vous entendrez enfin votre propre voix.

Ben_bash_bir