Quand on écrit une lettre et qu'on se trompe de mot, le premier réflexe est de chercher un correcteur blanc. On veut que le papier reste immaculé. On veut cacher qu'on a hésité, qu'on s'est trompé de chemin l'espace d'une seconde.
On fait exactement la même chose avec nos vies. On balaie la poussière sous le tapis de la vitrine. On ne parle jamais de nos échecs professionnels, de nos cœurs brisés ou des fois où on est tombé bien bas. On ne présente au monde que le brouillon final, propre et bien relu.
Mais une copie sans rature est une copie sans histoire. Ce qui fait la profondeur d'un être humain, ce n'est pas le nombre de succès qu'il aligne, c'est la façon dont il a rebondi après s'être complètement trompé. Nos cicatrices et nos erreurs ne sont pas des défauts de fabrication, elles sont la preuve absolue que nous avons essayé de vivre. Il n'y a rien de plus beau qu'une rature assumée.