On nous vend ça depuis des années comme le sommet de l'évolution humaine : la liberté absolue. Aujourd'hui, on peut tout choisir. De la couleur de nos chaussures à la carrière de notre vie, en passant par le film du soir parmi des milliers d'options, et notre repas parmi cent menus de livraison.
Sur le papier, c'est magnifique. C'est une vitrine éblouissante. Mais dans l'arrière-boutique, notre cerveau sature. On n'a jamais été aussi libres, et on n'a jamais été aussi épuisés. C'est ce qu'on appelle la fatigue décisionnelle.
Le soir, devant un écran, on passe parfois plus de temps à faire défiler le catalogue pour trouver le film « parfait » qu'à regarder l'œuvre elle-même. Et on finit par s'endormir, frustré, sans avoir rien vu. L'abondance est devenue un vertige qui nous paralyse. À force de chercher la meilleure option possible, on en oublie de vivre l'instant présent.
Il y a des jours où l'on rêve secrètement que quelqu'un prenne le volant à notre place. « Choisis pour moi, je suis fatigué. » Apprendre à se contenter du "assez bien" au lieu de s'épuiser à chercher le "parfait", c'est peut-être ça, la vraie sagesse moderne.