On nous a vendu l'idée que le luxe, c'était de rouler dans une belle voiture, de porter une montre hors de prix, ou d'avoir accès aux endroits les plus fermés de la ville. Quelle magnifique arnaque.
Le véritable luxe, le seul qui vaille vraiment la peine qu'on se batte pour lui, c'est la cohérence. C'est d'avoir l'audace monumentale d'être exactement la même personne, qu'on soit en train de trinquer au milieu d'une foule bruyante ou tout seul en train de balayer son salon un dimanche matin.
Ne plus jouer. Ne plus avoir besoin d'ajuster son visage dans le miroir de l'ascenseur avant de sortir. Ne plus craindre qu'on découvre notre arrière-boutique parce qu'elle est exactement pareille que notre vitrine. Le jour où l'on cesse de diviser sa vie entre ce qu'on montre et ce qu'on cache, on devient intouchable.
On n'est plus un acteur épuisé par son propre rôle. On devient enfin un être humain qui respire, et qui se repose.